l'eau: prochain combat mondial

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Menace sur le Tibet

Message par Leonelli le Lun 7 Avr - 13:10

Menace sur le Tibet

Le Tibet recouvre une superficie de deux millions et demi de kilomètres carrés : cinq fois la France, l'équivalent de la Communauté européenne. Cet immense et rude pays est très peu peuplé, six millions de Tibétains seulement.
En 1949 la République Populaire de Chine envahit le Tibet puis l'occupe, en violation des lois internationales. Résistance et répression culminent le 10 mars 1959 au cours du soulèvement national contre les Chinois. L'armée écrase la révolte dans le sang, faisant 87 000 morts en 18 mois parmi les Tibétains du seul Tibet central, et ce d'après les sources chinoises elles-mêmes. Sa Sainteté le Dalaï Lama et plus de cent vingt mille autres Tibétains sont contraints à l'exil. On estime à un million deux cent mille le nombre des Tibétains morts du fait de l'occupation chinoise, soit un habitant sur cinq. Plus de la moitié du Tibet a été détachée et adjointe aux provinces chinoises mitoyennes. Seuls le Tibet central (l'U-Tsang) et une partie du Tibet oriental (le Kham) forment ce qui est appelé « Région Autonome du Tibet ».
Depuis l'invasion chinoise, la faune, la flore, les forêts et les minéraux sont exploités au seul profit des Chinois. L'occupant exporte ces ressources naturelles vers la Chine et d'autres pays, ou bien les réserve sur place à l'usage des colons chinois.


Le Dalaï Lama, chef d'Etat et chef spirituel du Tibet, croit profondément à la non-violence. Il travaille sans relâche à la solution pacifique des problèmes sino-tibétains

L'ECOLOGIE DU TIBET D'AUTREFOIS

Jusqu'en 1949 le Tibet abritait une flore et une faune extrêmement riches : plus de cinq cents espèces d'oiseaux. Cette diversité s'est préservée au fil du temps grâce à la croyance bouddhiste en l'interdépendance entre humains, animaux, plantes et éléments naturels, croyance qui empêche l'exploitation aveugle de l'environnement. Nombre d'espèces animales et végétales sont spécifiques au Tibet.
Les plus grands fleuves d'Asie prennent naissance dans les montagnes tibétaines : l'Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le Mékong, le Yang-tsê Kiang et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses forêts vierges et ses grands cours d'eau font du Tibet la source de vie d'une zone bien plus vaste que son propre territoire. C'est pourquoi l'environnement du Tibet revêt une importance capitale pour l'équilibre écologique des pays voisins.
« Jamais je n'aurais imaginé qu'il pût exister autant d'oiseaux au même endroit. La vie animale foisonnait dans la campagne, et on voyait yaks et gazelles en abondance. »
Le capitaine C.G. Rawlings, chef de l'expédition britannique de 1903-1904 au Tibet.
DESTRUCTION DE LA VIE SAUVAGE

Avant l'invasion chinoise, la chasse au Tibet était réglementée par décret du gouvernement.
Aujourd'hui, la plupart de la faune sauvage a disparu : non seulement les restrictions n'ont pas été renforcées, mais la chasse aux espèces en voie de disparition a été encouragée.

Quelques aperçus :

* Le léopard des neiges (panthera uncia), trop chassé et parfois même braconné à l'arme automatique, est en voie d'extinction. Une peau se vend entre 30 et 50 $US dans la région de l'Amdo (Qinghaï en chinois).
* Exportation de laine d'antilope du Tibet (pantholopes hodgsoni). On soupçonne aussi le trafic de la viande de mouton bleu sauvage (pseudois nayaur). Braconnage toléré du yak sauvage (bos grunniens), environ cent têtes en vente en juillet 1992 à Xining (Amdo).
* Pour des prix s'échelonnant de 7900 $US à 35 000 $US - sans le billet d'avion -, les chasseurs du monde entier peuvent venir au Tibet tirer dix-sept sortes d'animaux sauvages dont l'antilope et l'argali (ovis ammon), espèces pourtant protégées, grâce à l'agence « Klineburger Worldwide Travel ». Les autorités chinoises cherchent désormais à étendre ces abattages lucratifs.
* Les colons chinois ont déboisé sans retenue pour construire des logements ou cultiver, au détriment de l'habitat des oiseaux et mammifères sylvestres.

DEBOISEMENT

Les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon irréversible l'écologie fragile du haut plateau tibétain. Les Chinois se livrent au déboisement industriel dans l'Est du Tibet, où ils emploient soixante cinq mille personnes à cette tâche. Dans certaines zones, 80% des forêts sont déjà détruites. D'après leurs propres estimations, les Chinois ont prélevé au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de dollars US de bois.
Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leur source au Tibet, les conséquences du déboisement se font sentir en aval à travers le continent entier : érosion des sols, ravinement, envasement, inondations.
EFFETS SUR LE CLIMAT DE LA PLANETE

De récentes études font valoir que la destruction des forêts de haute altitude affecte les jet-streams (vents rapides des couches élevées de la troposphère), ce qui influence le climat. Depuis plusieurs années déjà, on considère comme une menace pour le régime des climats de la planète les modifications des températures, des masses d'air et des précipitations engendrées par le déboisement du plateau tibétain.

Il est donc urgent, pour tous ceux qui se préoccupent d'écologie, de s'attaquer à la crise de l'environnement tibétain.
ENERGIE HYDRAULIQUE

En mai 1991, les Chinois ont démarré des travaux controversés, la construction d'une centrale hydroélectrique qui détruira l'écosystême du Yamdrok Tso, un lac pur et sacré, le troisième du Tibet par sa taille. Les Chinois veulent détourner les eaux du lac pour les faire tomber, 750m plus bas, dans le Brahmapoutre (en tibétain Tsangpo). Il s'agit de fournir l'électricité nécessaire aux colons chinois et aux industries polluantes et destructrices qu'ils veulent implanter. Cette centrale hydroélectrique peut vider le lac Yamdrok, un pas de plus vers la mort de la terre et de la culture du Tibet.
EXPLOITATION MINIERE

En chinois, Tibet se dit Xizang, ce qui signifie « la Maison des Trésors de l'Ouest ». Les autorités chinoises ont entrepris l'exploitation systématique des ressources minières.
La moitié des réserves mondiales d'uranium se trouve dans les montagnes autour de Lhassa. C'est au Tibet que gît 40% du minerai de fer « chinois », ainsi que d'immenses filons de charbon, d'or, de cuivre, de plomb, de borax et de pétrole.
DECHETS TOXIQUES ET NUCLEAIRES

De nombreux rapports prouvent que la Chine utilise ou prévoit d'utiliser le Tibet comme décharge de déchets toxiques et nucléaires :

* En 1984, la Chine a proposé un contrat à un consortium d'Allemagne fédérale, aux termes duquel, après avoir acheté de l'uranium extrait des mines tibétaines, les Allemands pourraient renvoyer les déchets radioactifs au Tibet. La Chine a offert d'en stocker là jusqu'à cinq mille tonnes entre 1984 et l'an 2000. Les modalités actuelles du contrat ne sont pas connues.
* En mars 1991, l'association Greenpeace a divulgué un plan visant à importer au Tibet les vidanges de la ville de Baltimore (Etats-Unis). Ces résidus d'égoûts - riches en métaux lourds - devaient porter la mention « engrais » et être qualifiés de « limon » pour le transport. Il est présumable qu'ils devaient être ensuite vendus ou distribués en tant que tels. A la suite de ces révélations, la ville de Baltimore a résilié le contrat.

MAUVAISE POLITIQUE AGRICOLE

Au cours des années 60, les Chinois imposent une réforme agraire qui cause la famine au Tibet. Le surpâturage en altitude mène à la disparition de plantes médicinales ou alimentaires et détruit en grande partie la nourriture dont se sustentent les animaux sauvages en hiver. Le surpâturage aggrave également l'érosion par les vents et le ravinement, et conduit droit à la désertification.
Les agriculteurs tibétains sont contraints par les autorités chinoises d'acheter et d'utiliser engrais et pesticides chimiques. Les paysans se plaignent de la pollution due à ces produits.
TRANSFERTS DE POPULATION

La Chine a entrepris la solution finale de la question tibétaine en submergeant la population du Tibet sous un afflux massif de colons chinois. Autrefois, les six millions de Tibétains vivaient à l'aise et d'une façon écologiquement équilibrée. Aujourd'hui, à Lhassa, la capitale, il y a environ cent mille Chinois pour cinquante mille Tibétains.
Comme la Chine le reconnaît elle-même, sa politique de transferts de population a causé « d'irréparables dégats écologiques à d'immenses étendues de plateau fragile » en Amdo. Les experts attribuent cette détérioration au surpâturage, au défrichement inconsidéré et à la dégradation volontaire de la végétation.
MILITARISATION

Le Tibet était jusqu'en 1949 un paisible état-tampon entre l'Inde et la Chine. Il abrite aujourd'hui trois cent mille soldats et un quart des missiles nucléaires chinois.
La Chine procède à des essais nucléaires à Lop Nor, à 200 km environ d'une ville, dans la partie méridionale de la province de Xinjiang, située au nord de la Région Autonome du Tibet. Cette province fait partie du Tibet, dont elle a été détachée administrativement par la colonisation. L'explosion souterraine du 25 sept. 1992, équivalente à moins de 20 kt de TNT, a provoqué une secousse de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter. L'essai précédent sur le même site, le 19 mai 1992, était le plus puissant jamais conduit par la Chine, 300 - 1 000 kt.
La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit de sérieuses tensions internationales.

La présence militaire chinoise comprend :

* Entre 3 et 500 000 hommes, dont 200 000 (15 divisions) sont cantonnés en permanence dans la Région Autonome du Tibet.
* Dix-sept stations de radars secrètes ; quatorze aérodromes militaires.
* Cinq bases de missiles : Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchuka.
* Au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire.

PLAN DE PAIX EN CINQ POINTS

En septembre 1987 le Dalaï Lama a fait les propositions suivantes, rejetées par le gouvernement chinois :

1. Abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui menace l'existence du peuple tibétain.
2. Respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques des Tibétains.
3. Restauration et protection de l'environnement naturel du Tibet ; cessation par la Chine de la production d'armes nucléaires au Tibet et du dépôt de déchets nucléaires au Tibet.
4. Transformation de l'ensemble du Tibet en zone de paix.
5. Début de négociations sincères sur le futur statut du Tibet et sur les futures relations entre les peuples tibétain et chinois.

Le Dalaï Lama est le premier lauréat du Prix Nobel de la Paix (1989) qui l'ait reçu, entre autres raisons, pour son oeuvre en faveur de l'environnement. Il a reçu aussi pour sa « contribution remarquable à l'éthique et à l'environnement » le Prix de la Terre, décerné pour la première fois en 1991.

« Nous connaissons beaucoup de sites, d'animaux, de plantes rares que les générations futures ne verront peut-être pas. Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard. Nous en sommes capables, nous en sommes responsables. »

Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Al Gore, le vice-président des Etats-Unis, écrivait dans Earth in the balance, alors qu'il était sénateur du Tennessee :

« Les Tibétains n'ont pas le pouvoir d'empêcher les autorités chinoises de détruire l'environnement de leur patrie, car leur pays est occupé militairement par la Chine depuis plus de quarante ans. (...) Pour protéger efficacement l'environnement, il faut être libre, c'est une condition nécessaire. (...)

En fait, presque partout où le citoyen ordinaire n'a pas voix au chapitre dans les décisions qui concernent sa vie, il souffre et son environnement aussi. »
COMMENT AIDER

* Prévenir vos élus de vos inquiétudes à propos de l'environnement du Tibet.
* Intervenir auprès des organisations écologiques interna-tionales pour qu'elles se préoccupent de la destruction du Tibet.
* Ecrire aux journaux, radios et télés pour attirer leur attention sur la crise écologique au Tibet.
* Adhérer au Comité de Soutien au Peuple Tibétain et à ECO-Tibet.

Comité de Soutien au Peuple Tibétain : Secrétariat National : C.S.P.T. 174, Bd Eugène Decros 93260 Les Lilas. Fax : 01 30 90 88 25

Leonelli

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Tibet le toit du monde !

Message par Leonelli le Lun 7 Avr - 13:09

Le Tibet s’est vu octroyer le nom de « Toit du monde(1) » et avec raison puisque cette région assure l’équilibre climatique de par son altitude et de son étendue, non seulement pour l’Asie mais aussi à l’échelle mondiale. À l’heure actuelle, le pays compte 6 millions de Tibétains ainsi que 7,5 millions de Chinois.

Le Tibet est élevé et sa terre est pure,
Ses montagnes enneigées sont l’origine de tout,
La source d’innombrables rivières et torrents. C’est le centre du domaine des dieux […].
Manuscrit de Dunhuang,
Extrait du Pelliot tibétain 840, VIIIe siècle

Depuis des siècles, les Tibétains, bouddhistes pour la plupart, ont toujours vécu en harmonie avec la nature. Pour eux, tout être vivant mérite le respect. De par leurs croyances religieuses, les Tibétains ont instauré des politiques régionales dictant les chefs de villages à protéger toute vie animale en prohibant la destruction de celle-ci. Pour ce peuple, le souci de l’environnement fait partie de leurs us et coutumes.

Depuis l’invasion chinoise de 1941, l’équilibre écologique du Tibet est en danger. En fait, les conséquences climatiques et écologiques de cette occupation continuent à se faire sentir, non seulement au Tibet mais aussi dans certains pays environnants tels qu’au Bengladesh ou au Népal où sévit des inondations(2) . On craint même que ces déséquilibres puissent éventuellement affecter le courant du Jets Streams(3) , qui exerce une influence directe sur la formation des typhons du Pacifique. Tous ces événements sont causés entre autres, par la surexploitation des ressources naturelles contenues au Tibet par le peuple chinois.

Selon certaines informations contenues dans le Livre blanc sur l’édification écologique et la protection de l’environnement au Tibet publié le 10 mars 2003, plusieurs projets relatifs à la sauvegarde de la faune et de la flore ont été initiés depuis la Libération pacifique du Tibet de 1951 par la Chine. Toutefois, le rapport Tibet 2000 : Environment and Development Issues du gouvernement tibétain en exil, ainsi que l’information contenue dans le site Internet de l’association SolHimal(4) du Tibet, dénoncent plusieurs actions destructrices commises par la Chine.

Afin de se familiariser avec cette région des plus riches de la planète sur le plan de son écosystème, il sera donc question, d’une part, de tracer le portrait de cette région en dressant la liste des ses composantes animales et végétales, sa géographie particulière renfermant un imposant bassin hydrographique, essentiel en Asie. D’autre part, puisque la Chine a découvert très tôt l’immense potentiel du Tibet, non seulement au niveau économique mais aussi écologique, il sera question d’élaborer, et ce, de manière chronologique, les projets mis en place afin de préserver et protéger cet écosystème.

I.L’ÉCOSYSTÈME TIBÉTAIN

Le Tibet est composé de deux principales régions, soit la région autonome Bod rang skyong ljong et le plateau Qinghai-Tibet. La région autonome a pour capitale Lhassa qui occupe une superficie de 2,5 M km2, soit 2 400 km au nord et 1 000 km au sud et culmine à une altitude moyenne de 4 200 m atteignant un maximum de 8 800 m par endroit. Le plateau, d’une hauteur de plus de 5 000 m avec une superficie d’environ 5 M de km2, se situe au nord de l’Hymalaya.

Ces régions possèdent un des plus importants écosystèmes au monde. D’ailleurs, le plateau est composé, notamment de forêts, garrigues, steppes, déserts, formations aquatiques et de pâturages constituant à eux seuls 70 % de la superficie du pays. De plus, c’est dans cette région qu’on retrouve le principal bassin hydrographique de l’Asie(5) , celui-ci est source de nombreux fleuves et rivières à forte teneur en limon(6) , élément important dans l’enrichissement des sols.

Outre sa flore luxuriante et très diversifiée, on ne peut ignorer sa faune des plus exceptionnelles ainsi que l’importance de ses ressources naturelles. À ce sujet, le Tibet regorge de ces ressources telles que l’or, le pétrole, le gaz, la bauxite, le cuivre, l’étain, le lithium (deuxième producteur mondial) et sans compter qu’on retrouve au Tibet la moitié des réserves mondiales d’uranium au monde. Il est le refuge des plus rares espèces animales avec ses 118 variétés de mammifères, 505 espèces d’oiseaux, 49 sortes de reptiles, 44 catégories d’amphibiens et finalement, 61 types de poissons.

Avant l’invasion chinoise de 1949, le Tibet était gouverné par un Dalaï-lama et le Panchen-lama (gouvernement tibétain).

II.LE DÉVELOPPEMENT CHINOIS DU TIBET

Dès leur arrivée au Tibet, les Chinois ont rassemblé des équipes de recherche dans le but d’assurer le développement social des Tibétains. En 1958, l’Équipe d’enquête générale du Tibet a été créée et avait pour mandat d’enquêter sur tous les éléments géographiques, et a procédé à des évaluations pour ensuite élaborer des mesures d’exploitation. Ceci a amené plusieurs réformes, notamment sur le reboisement en 1959. Des essais de culture de jeunes plants ont d’ailleurs été menés dans le bassin Yarlung Zangbo. Entre 1965 et 1983, on fonde des organismes tels que le bureau de la Région autonome du Tibet et le département de construction urbaine et rurale et de protection de l’environnement de la Région autonome. Ces organismes mettent en œuvre, entre autres des activités de protection de l’environnement, par la suite, procèdent à des analyses de ressources telles les lacs, les rivières, les sols et les forêts. À ce sujet, un inventaire complet des forêts a été mené en 1977. L’environnement naturel du plateau Qinghai fut l’objet d’un séminaire à caractère scientifique pendant l’année 1972, et ce, afin d’en améliorer son utilisation et par le fait même, d’assurer sa protection. Plusieurs opérations de reboisement sont entreprises dans la Région autonome, soit en créant une cinquantaine de pépinières en 1978. Ensuite, dans le but de renforcer toutes ces mesures, le comité permanent de l’assemblée populaire de la Région autonome du Tibet organise, pendant près de 13 ans (1982 à 1994) un système législatif comportant plusieurs règlements sur la protection de l’environnement. Outre la surveillance de l’exploitation agricole et des enquêtes sur la pollution agraire et industrielle, on permet un « droit de succession(7) » à tous ceux qui participent à bonifier, par la plantation d’herbes et arbres dans les espaces dénudés comme les grèves et les versants(Cool de la Région autonome du Tibet. Aussi, on mena une campagne médiatique de sensibilisation à la protection de l’environnement qui révéla un accueil positif de la part de la population. Ces campagnes n’étaient pas sans but car elles visaient le soutien de la population mais aussi une collaboration financière du gouvernement dans la poursuite des projets de réforme environnementale. À partir des années 1990, l’Administration de l’État encourage la protection écologique et s’implique dans la formation de techniciens et gestionnaires ce qui génèrera l’élaboration de plans de protection et réduira la pollution. Par la suite, deux plans émergèrent en 1998 et 2000, soit le Plan national pour l’édification écologique et le Plan de la Région autonome du Tibet pour l’édification écologique. En 2001, l’écologie est toujours une priorité, toutefois, on explore maintenant le développement économique et il est observé que le domaine touristique et l’agriculture écologique prédisposent à un accroissement économique. Jusqu’à maintenant, plus précisément depuis 1996, 368 M de yuans d’investissement furent soutenus par le gouvernement central pour les activités d’amélioration, de protection, animale et végétale, transformation de champs et pâturages(9) en forêts visant à diminuer l’érosion des sols et de ce fait, réduire les vents de sable qui sont fréquents dans cette région. Un état de situation présenté en 2000, dévoile un environnement en bonne condition et que ses régions sont intactes de même que ses lacs et rivières qui semblent-ils ont conservé leur état initial. Bref, depuis 1980, on procéda à la création d’environ 70 réserves naturelles(10) qui ont permis la protection de plus de 125 espèces animales, ont contribué à l’accroissement du nombre d’animaux et de plantes. En 50 ans, on a aussi observé une augmentation de l’espérance de vie, toutefois, cette augmentation liée à la croissance démographique soulève une problématique d’équilibre écologique entre l’homme et le bétail. Ceci amena des réformes d’utilisation des prairies en 2001, notamment en créant des prairies artificielles pour centraliser le bétail, délimiter celles-ci en installant des clôtures. En somme, l’invasion chinoise a permis, après toutes ces années, par le biais de réformes de reboisement, de protection de la forêt et de quota d’abattage des arbres, une augmentation de 1 % à 5,9 % de la couverture forestière. La diminution des vents de sable causant l’érosion des sols est désormais maîtrisée par l’aménagement des espaces désertiques sans oublier les plans de protection et de conservation du bassin hydrographique du Tibet, sources de plusieurs fleuves de l’Asie.

III.SITUATION ACTUELLE

Malgré toutes ces actions censées préserver et améliorer l’écologie de la Région autonome du Tibet, on constate malheureusement plusieurs catastrophes écologiques dévoilées, notamment dans le rapport intitulé Tibet 2000 : Environment and Development Issues publié par le gouvernement tibétain en exil. Ce rapport dénonce la décision de procéder au déboisement industriel(11) , ce qui a contribué à la perte de 80 % de la couverture forestière provoquant ainsi l’érosion des sols(12) et rendant les pays avoisinants vulnérables aux inondations et au ravinement. Ces abattages on rapporté des revenus de 54 milliards de dollars prélevés par les Chinois depuis 1959 et procuré de l’emploi à 65 000 personnes.

On dénonce aussi l’encouragement de la chasse des espèces en voie de disparition, notamment par l’agence Klineburger Worldwide Travel située en Chine. En effet, plusieurs espèces sont menacées, soit 39 mammifères, 37 oiseaux, 4 amphibiens ainsi qu’un reptile. Les bassins hydrographiques, si importants pour l’Asie sont jugés précaires suite à l’exploitation systématique des ressources minières et on parle même de bassins destinés à la décharge de déchets toxiques et nucléaires(13) . Des projets de développement industriel mal administrés sont aussi soulignés, dont un projet de centrale hydroélectrique qui a résulté en la destruction du lac Yamdrok Tso. Finalement, le surpâturage en altitude a provoqué la disparition de plantes médicinales et alimentaires, diminuant et détruisant même la nourriture des animaux, augmentant ainsi la superficie désertique de cette région des plus abondantes avant la libération pacifique du Tibet de 1951 qui tua plus d’un million de Tibétains.

On dénonce aussi l’encouragement de la chasse des espèces en voie de disparition, notamment par l’agence Klineburger Worldwide Travel située en Chine. En effet, plusieurs espèces sont menacées, soit 39 mammifères, 37 oiseaux, 4 amphibiens ainsi qu’un reptile. Les bassins hydrographiques, si importants pour l’Asie sont jugés précaires suite à l’exploitation systématique des ressources minières et on parle même de bassins destinés à la décharge de déchets toxiques et nucléaires . Des projets de développement industriel mal administrés sont aussi soulignés, dont un projet de centrale hydroélectrique qui a résulté en la destruction du lac Yamdrok Tso. Finalement, le surpâturage en altitude a provoqué la disparition de plantes médicinales et alimentaires, diminuant et détruisant même la nourriture des animaux, augmentant ainsi la superficie désertique de cette région des plus abondantes avant la libération pacifique du Tibet de 1951 qui tua plus d’un million de Tibétains.

IV.CONCLUSION

D’après ce qui précède, il y a lieu de s’inquiéter quant aux répercussions de la détérioration de la Région autonome du Tibet et du plateau Qinghai-Tibet puisque qu’on craint que toutes ces modifications de l’écosystème de cette région provoquent un déplacement du flux du Jets Streams compte tenu de l’altitude et de la superficie non négligeable du Tibet. Le déplacement de celui-ci aura une influence directe sur la formation des Typhons du Pacifique, donc on a tout intérêt à la sensibilisation de ce phénomène car ceci entraînera des répercussions mondiales à court et long termes.

En terminant, il serait aussi important de légiférer l’immigration chinoise dans la région puisque les effets de la « surpopulation » commencent déjà à se faire sentir et il est donc important de rappeler que l’activité humaine influence directement le comportement écologique de par son développement social et économique et à la lumière de ce qui a été révélé dans ce document, la Région autonome du Tibet n’a pas besoin d’un problème démographique à ce moment mais d’un équilibre entre ses ressources et de l’exploitation de celles-ci.

(1)-Aussi appelé « troisième pôle de la planète ».
(2)-“There has been heavy erosion in many places in Majuli with at least five breaches of embankments already reported,” a police official said. The 2,906 kilometre (1,816 mile) Brahmaputra traverses China’s Tibet region, India and Bangladesh before flowing into the sea at the Bay of Bengal” [en ligne], « Thousands forced to flee homes as rains trigger floods in India » http://independent-bangladesh.com/news/jul/15/15072005ap.htm#A8 (consultée le 18 mars 2006).
(3)-Vents rapides des couches élevées de la troposphère, partie située entre le sol et la stratosphère.
(4)-« La biodiversité au Tibet », Écologie, [ en ligne],http://solhimal.free.fr/tibet_et_peuples/ecologie/biodiversite_au_tibet.php#
(page consultée le 18 mars 2006).
(5)-Les principales rivières qui ont source au Tibet sont, le Manchou, le Drichu, le Zachu, le Gyalmo Ngulchu, le Tsangpo, le Subansiri, le Phung Chu, le Macha Khabab, le Langchen Khabab et le Sengye Khabab.
(6)-Les fleuves contenant le plus de limon sont le Manchu, le Tsangpo, Yang-Tsé Kiang et l’Indus.
(7)-Politique mise en place par le gouvernement selon laquelle « celui qui exploite et gère tire profit ».
(Cool-Notamment dans la basse vallée du Tsangpo où on retrouve des forêts en pentes à plus de 35 °.
(9)-On retrouve dans le pays une couverture de 70 % de pâturage.
(10)-La Réserve du Chang Thang, estimée la plus grande au monde avec 237 000 km2.
(11)-On observe ce phénomène au Kongpo, à U-Tsang, et dans la vallée Min du Kham.
(12)-La superficie des terres désertiques augmente, et ce, de façon continue et occupe présentement 216 000 km2.
(13)-À Qinghai, près du lac Kokonor, aujourd’hui fermée, mais polluée de déchets radioactifs non traités, suite à l’établissement de la 9e Académie en 1960.

BIBLIOGRAPHIE

Deshayes, Laurent. Histoire du Tibet, France, Éditions Fayard, 1997, 461 p.

Pommaret, Françoise. Le Tibet : Une civilisation blessée. Baume-Les-Dames, Gallimard, 2002, 159 p.

Allègre, Claude et all. Himalaya-Tibet : Le choc des continents, Espagne, CNRS Éditions, 2002, 191 p.

The Government of Tibet in Exile. « Tibet 2000 : Evrironment and Development Issues », [en ligne], http://www.tibet.com/Eco/tibet-2000.html (page consultée le 18 mars 2006).

France Tibet. « Combattre pour la décolonisation du Tibet », Histoire et combat, [en ligne], http://www.france-tibet.org/national/histoire.htm (page consultée le 23 février 2006).


« Le plateau Qinghai-Tibet, une des sources des tempêtes de sable du monde », [en ligne], http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-02/02/content_212148.htm

Leonelli

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L'environnement au Tibet : un désastre dû à l'occupation chinoise !

Message par Leonelli le Mar 1 Avr - 0:37

Le Tibet traditionnel

Les plus grands fleuves d'Asie prennent naissance dans les montagnes tibétaines : l'Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le Mékong, le Yang-tsê Kiang et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses forêts vierges et ses grands cours d'eau font du Tibet la source de vie d'une zone bien plus vaste que son propre territoire. C'est pourquoi l'environnement du Tibet revêt une importance capitale pour l'équilibre écologique des pays voisins et du monde. Il est donc urgent, pour tous ceux qui se préoccupent d'écologie, de s'attaquer à la crise de l'environnement tibétain.

Jusqu'à l'invasion de 1949, le Tibet abritait une flore et une faune extrêmement riches. Ainsi on comptait par exemple plus de cinq cents variétés d'oiseaux. Nombre d'espèces animales et végétales étaient d'ailleurs spécifiques au Tibet. Cette diversité s'est préservée au fil du temps, notamment grâce à la croyance bouddhiste en l'interdépendance entre humains, animaux, plantes et éléments naturels, une attitude qui empêchait l'exploitation aveugle de l'environnement.
Destruction de la vie sauvage

Avant l'invasion chinoise, la chasse au Tibet était réglementée par décret du gouvernement. Aujourd'hui, une bonne partie de la faune sauvage a disparu : non seulement les restrictions n'ont pas été renforcées, mais la chasse aux espèces en voie de disparition a été encouragée. Par exemple, le léopard des neiges (panthera uncia), trop chassé et parfois même braconné à l'arme automatique, est en voie d'extinction. Une peau se vend entre 30 et 50 dollars dans la région de l'Amdo (en chinois : Qinghaï).

Pour des prix s'échelonnant de 7.900 à 35.000 dollars, les chasseurs du monde entier peuvent venir au Tibet tirer dix-sept sortes d'animaux sauvages dont l'antilope et l'argali (ovis ammon), espèces pourtant protégées. Les autorités chinoises cherchent désormais à étendre ces abattages lucratifs.

Les colons chinois ont aussi déboisé sans retenue pour construire des logements, des industries ou cultiver, au détriment de l'habitat des oiseaux et mammifères sylvestres.
Déboisement

Les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon irréversible l'écologie fragile du haut plateau tibétain. Elles se livrent au déboisement industriel dans l'est du Tibet, où ils emploient 65.000 personnes à cette tâche. Dans certaines zones, 80% des forêts sont déjà détruites. D'après leurs propres estimations, la Chine a prélevé au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de dollars de bois.

Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leur source au Tibet, les conséquences du déboisement se font sentir en aval à travers le continent entier : érosion des sols, ravinement, envasement, inondations.

En 1998, la crue anormale du Yang-tsê aurait tué 3.656 personnes en Chine, des estimations inofficielles parlant de 10.000 morts. Plus de 240 millions de personnes ont été touchées par cette inondation et les pertes estimées pour l'économie chinoise s'élèvent à 37,5 milliards de dollars. En 1999, une catastrophe similaire, mais de moindre envergure, a tué 400 personnes et a affecté 66 millions de personnes.

En 1998, le Brahmapoutre a connu des inondations jamais connues dans le sous-continent indien. La déforestation ayant augmenté de façon drastique l'érosion des sols, les alluvions se sont déposés dans la baie de Bengale, surtout dans les plaines du Bangladesh. Le lit des rivières ayant ainsi diminué, des inondations catastrophiques sont provoquées chaque année.
Energie hydraulique

En mai 1991, la Chine a démarré des travaux controversés, à savoir la construction d'une centrale hydroélectrique qui détruira l'écosystème du Yamdrok Tso, un lac considéré comme sacré, le troisième du Tibet par sa taille. Les Chinois veulent détourner les eaux du lac pour les faire tomber, 750 mètres plus bas, dans le Brahmapoutre (en tibétain : Tsangpo). Il s'agit de fournir l'électricité nécessaire aux colons chinois et aux industries polluantes et destructrices qu'ils veulent implanter. Cette centrale hydroélectrique peut vider le lac Yamdrok, un pas de plus vers la mort de l'écosystème et de la culture du Tibet.
Exploitation minière

En chinois, Tibet se dit Xizang, ce qui signifie la “maison des trésors de l'ouest”. Les autorités chinoises ont entrepris l'exploitation systématique des ressources minières, qui leur a déjà rapporté 2 milliards de dollars entre 1952 et 1990.

La moitié des réserves mondiales d'uranium se trouve dans les montagnes autour de Lhassa. C'est au Tibet que gît 40% du minerai de fer “chinois”, ainsi que d'immenses filons de charbon, d'or, de cuivre, de plomb, de borax et de pétrole.

Le bassin Tzaidam, qui couvre une surface similaire à la Grande-Bretagne, a des réserves de pétrole de 42 milliards de tonnes et 1.500 milliards de mètres cubes de gaz naturel. L'exploitation de ce bassin va s'intensifier avec la construction d'une pipeline allant des gisements de gaz près de Terlingka (en chinois : Deligha) à Shanghai. Le premier tronçon sera terminé vers octobre 2001.
Déchets toxiques

De nombreux rapports prouvent que le gouvernement chinois utilise ou prévoit d'utiliser le Tibet comme décharge de déchets toxiques et nucléaires. Les courants d'eau jadis limpides sont maintenant pollués par des déchets chimiques, nucléaires et industriels. Le rapport sur l'environnement de la dite "Région autonome du Tibet" de 1996 a révélé que 41,9 millions de tonnes de déchets liquides ont été déversé dans le fleuve Kyichu, près de Lhassa.

Le développement des mines d'uranium dans plusieurs endroits du Tibet ajoute un grave problème à la pollution chimique des cours d'eau.

En 1984, le gouvernement chinois a proposé un contrat à un consortium d'Allemagne fédérale, aux termes duquel, après avoir acheté de l'uranium extrait des mines tibétaines, les Allemands pourraient renvoyer les déchets radioactifs au Tibet. Pékin a offert d'y stocker jusqu'à cinq mille tonnes entre 1984 et l'an 2000. Les modalités actuelles du contrat ne sont pas connues.
Politique agricole imposée

Au cours des années 1960, le gouvernement chinois a imposé une réforme agraire qui a causé la famine au Tibet. Le surpâturage en altitude mène à la disparition de plantes médicinales ou alimentaires et détruit en grande partie la nourriture des animaux sauvages en hiver. Ce surpâturage aggrave également l'érosion par les vents et le ravinement, et conduit droit à la désertification. Les agriculteurs tibétains sont contraints par les autorités chinoises d'acheter et d'utiliser engrais et pesticides chimiques. Les paysans se plaignent de la pollution due à ces produits.
Transferts de population

La Chine a entrepris de submerger la population du Tibet sous un afflux massif de colons chinois. Autrefois, les six millions de Tibétains vivaient d'une façon pauvre, mais écologiquement équilibrée. Aujourd'hui, à Lhassa, la capitale, il y a environ cent mille Chinois pour cinquante mille Tibétains. La population totale du Tibet a plus que doublé suite à cette immigration massive. Le personnel militaire et de sécurité à lui seul est estimé à 500.000 à 600.000 unités. Aujourd'hui, 6 millions de Tibétains font face à 7,5 millions de Chinois.

Sous la pression internationale, la Banque mondiale a dû récemment retirer son soutien financier au "projet de réduction de la pauvreté en Chine occidentale", plan qui prévoit de transférer 60.000 paysans chinois au Tibet (voir notre rubrique international).

Comme la Chine le reconnaît elle-même, sa politique de transferts de population a causé “d'irréparables dégâts écologiques à d'immenses étendues de plateau fragile” en Amdo. Les experts attribuent cette détérioration au surpâturage, au défrichement inconsidéré et à la dégradation de la végétation.
Militarisation

Le Tibet était jusqu'en 1949 un paisible état-tampon entre l'Inde et la Chine. Il abrite aujourd'hui des centaines de milliers de soldats et un quart des missiles nucléaires chinois.

La Chine procède à des essais nucléaires à Lop Nor, à 200 km environ d'une ville, dans la partie méridionale de la province de Xinjiang, située au nord de la "Région autonome du Tibet". Cette province fait partie du Tibet, dont elle a été détachée administrativement par la colonisation.

L'explosion souterraine du 25 septembre 1992, équivalente à 20 kt de TNT, a provoqué une secousse de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter. L'essai précédent sur le même site, le 19 mai 1992, était le plus puissant jamais conduit par la Chine, d'une puissance de 300 à 1000 kt de TNT.

La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit de sérieuses tensions internationales.

La présence militaire chinoise comprend entre 300.000 et 500.000 hommes, dont 200.000 (15 divisions) sont cantonnés en permanence dans la Région autonome du Tibet. On compte aussi dix-sept stations de radars secrètes, quatorze aérodromes militaires, huit bases de missiles, au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire.
Un développement à la chinoise

Le développement n'a pas besoin d'entraîner la répression, d'accaparer des terres, d'exploiter en toute vitesse des ressources limitées, etc., bien que ce soit ce développement-là qui est pratiqué actuellement au Tibet. C'est le développement de la pire espèce – exploiteur, non consultatif, orienté à court terme, insoutenable dans la durée et en infraction directe avec le développement humain qui met l'accent sur la durabilité et l'équité.

En fait, le développement préconisé par Pékin, outre les dommages qu'il crée dans l'environnement, génère aussi deux économies et deux sociétés au Tibet : celle des colons chinois riches et urbanisés et celle des Tibétains pauvres et ruraux.

Il est plus que jamais urgent que la communauté internationale mette la pression sur le gouvernement chinois pour sauver ce qui reste de l'environnement unique du Tibet. Dans l'intérêt de tous, peuple chinois compris.

Raymond MEYERS

Leonelli

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Menace sur le Tibet

Message par Leonelli le Mar 1 Avr - 0:24

TIBET : UN SURVOL
Le Tibet recouvre une superficie de deux millions et demi de kilomètres carrés : cinq fois la France, l'équivalent de la Communauté européenne. Cet immense et rude pays est très peu peuplé, six millions de Tibétains seulement.
En 1949 la République Populaire de Chine envahit le Tibet puis l'occupe, en violation des lois internationales. Résistance et répression culminent le 10 mars 1959 au cours du soulèvement national contre les Chinois. L'armée écrase la révolte dans le sang, faisant 87 000 morts en 18 mois parmi les Tibétains du seul Tibet central, et ce d'après les sources chinoises elles-mêmes. Sa Sainteté le Dalaï Lama et plus de cent vingt mille autres Tibétains sont contraints à l'exil. On estime à un million deux cent mille le nombre des Tibétains morts du fait de l'occupation chinoise, soit un habitant sur cinq. Plus de la moitié du Tibet a été détachée et adjointe aux provinces chinoises mitoyennes. Seuls le Tibet central (l'U-Tsang) et une partie du Tibet oriental (le Kham) forment ce qui est appelé « Région Autonome du Tibet ».
Depuis l'invasion chinoise, la faune, la flore, les forêts et les minéraux sont exploités au seul profit des Chinois. L'occupant exporte ces ressources naturelles vers la Chine et d'autres pays, ou bien les réserve sur place à l'usage des colons chinois.


Le Dalaï Lama, chef d'Etat et chef spirituel du Tibet, croit profondément à la non-violence. Il travaille sans relâche à la solution pacifique des problèmes sino-tibétains

L'ECOLOGIE DU TIBET D'AUTREFOIS

Jusqu'en 1949 le Tibet abritait une flore et une faune extrêmement riches : plus de cinq cents espèces d'oiseaux. Cette diversité s'est préservée au fil du temps grâce à la croyance bouddhiste en l'interdépendance entre humains, animaux, plantes et éléments naturels, croyance qui empêche l'exploitation aveugle de l'environnement. Nombre d'espèces animales et végétales sont spécifiques au Tibet.
Les plus grands fleuves d'Asie prennent naissance dans les montagnes tibétaines : l'Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le Mékong, le Yang-tsê Kiang et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses forêts vierges et ses grands cours d'eau font du Tibet la source de vie d'une zone bien plus vaste que son propre territoire. C'est pourquoi l'environnement du Tibet revêt une importance capitale pour l'équilibre écologique des pays voisins.
« Jamais je n'aurais imaginé qu'il pût exister autant d'oiseaux au même endroit. La vie animale foisonnait dans la campagne, et on voyait yaks et gazelles en abondance. »
Le capitaine C.G. Rawlings, chef de l'expédition britannique de 1903-1904 au Tibet.
DESTRUCTION DE LA VIE SAUVAGE

Avant l'invasion chinoise, la chasse au Tibet était réglementée par décret du gouvernement.
Aujourd'hui, la plupart de la faune sauvage a disparu : non seulement les restrictions n'ont pas été renforcées, mais la chasse aux espèces en voie de disparition a été encouragée.

Quelques aperçus :

* Le léopard des neiges (panthera uncia), trop chassé et parfois même braconné à l'arme automatique, est en voie d'extinction. Une peau se vend entre 30 et 50 $US dans la région de l'Amdo (Qinghaï en chinois).
* Exportation de laine d'antilope du Tibet (pantholopes hodgsoni). On soupçonne aussi le trafic de la viande de mouton bleu sauvage (pseudois nayaur). Braconnage toléré du yak sauvage (bos grunniens), environ cent têtes en vente en juillet 1992 à Xining (Amdo).
* Pour des prix s'échelonnant de 7900 $US à 35 000 $US - sans le billet d'avion -, les chasseurs du monde entier peuvent venir au Tibet tirer dix-sept sortes d'animaux sauvages dont l'antilope et l'argali (ovis ammon), espèces pourtant protégées, grâce à l'agence « Klineburger Worldwide Travel ». Les autorités chinoises cherchent désormais à étendre ces abattages lucratifs.
* Les colons chinois ont déboisé sans retenue pour construire des logements ou cultiver, au détriment de l'habitat des oiseaux et mammifères sylvestres.

DEBOISEMENT

Les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon irréversible l'écologie fragile du haut plateau tibétain. Les Chinois se livrent au déboisement industriel dans l'Est du Tibet, où ils emploient soixante cinq mille personnes à cette tâche. Dans certaines zones, 80% des forêts sont déjà détruites. D'après leurs propres estimations, les Chinois ont prélevé au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de dollars US de bois.
Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leur source au Tibet, les conséquences du déboisement se font sentir en aval à travers le continent entier : érosion des sols, ravinement, envasement, inondations.
EFFETS SUR LE CLIMAT DE LA PLANETE

De récentes études font valoir que la destruction des forêts de haute altitude affecte les jet-streams (vents rapides des couches élevées de la troposphère), ce qui influence le climat. Depuis plusieurs années déjà, on considère comme une menace pour le régime des climats de la planète les modifications des températures, des masses d'air et des précipitations engendrées par le déboisement du plateau tibétain.

Il est donc urgent, pour tous ceux qui se préoccupent d'écologie, de s'attaquer à la crise de l'environnement tibétain.
ENERGIE HYDRAULIQUE

En mai 1991, les Chinois ont démarré des travaux controversés, la construction d'une centrale hydroélectrique qui détruira l'écosystême du Yamdrok Tso, un lac pur et sacré, le troisième du Tibet par sa taille. Les Chinois veulent détourner les eaux du lac pour les faire tomber, 750m plus bas, dans le Brahmapoutre (en tibétain Tsangpo). Il s'agit de fournir l'électricité nécessaire aux colons chinois et aux industries polluantes et destructrices qu'ils veulent implanter. Cette centrale hydroélectrique peut vider le lac Yamdrok, un pas de plus vers la mort de la terre et de la culture du Tibet.
EXPLOITATION MINIERE

En chinois, Tibet se dit Xizang, ce qui signifie « la Maison des Trésors de l'Ouest ». Les autorités chinoises ont entrepris l'exploitation systématique des ressources minières.
La moitié des réserves mondiales d'uranium se trouve dans les montagnes autour de Lhassa. C'est au Tibet que gît 40% du minerai de fer « chinois », ainsi que d'immenses filons de charbon, d'or, de cuivre, de plomb, de borax et de pétrole.
DECHETS TOXIQUES ET NUCLEAIRES

De nombreux rapports prouvent que la Chine utilise ou prévoit d'utiliser le Tibet comme décharge de déchets toxiques et nucléaires :

* En 1984, la Chine a proposé un contrat à un consortium d'Allemagne fédérale, aux termes duquel, après avoir acheté de l'uranium extrait des mines tibétaines, les Allemands pourraient renvoyer les déchets radioactifs au Tibet. La Chine a offert d'en stocker là jusqu'à cinq mille tonnes entre 1984 et l'an 2000. Les modalités actuelles du contrat ne sont pas connues.
* En mars 1991, l'association Greenpeace a divulgué un plan visant à importer au Tibet les vidanges de la ville de Baltimore (Etats-Unis). Ces résidus d'égoûts - riches en métaux lourds - devaient porter la mention « engrais » et être qualifiés de « limon » pour le transport. Il est présumable qu'ils devaient être ensuite vendus ou distribués en tant que tels. A la suite de ces révélations, la ville de Baltimore a résilié le contrat.

MAUVAISE POLITIQUE AGRICOLE

Au cours des années 60, les Chinois imposent une réforme agraire qui cause la famine au Tibet. Le surpâturage en altitude mène à la disparition de plantes médicinales ou alimentaires et détruit en grande partie la nourriture dont se sustentent les animaux sauvages en hiver. Le surpâturage aggrave également l'érosion par les vents et le ravinement, et conduit droit à la désertification.
Les agriculteurs tibétains sont contraints par les autorités chinoises d'acheter et d'utiliser engrais et pesticides chimiques. Les paysans se plaignent de la pollution due à ces produits.
TRANSFERTS DE POPULATION

La Chine a entrepris la solution finale de la question tibétaine en submergeant la population du Tibet sous un afflux massif de colons chinois. Autrefois, les six millions de Tibétains vivaient à l'aise et d'une façon écologiquement équilibrée. Aujourd'hui, à Lhassa, la capitale, il y a environ cent mille Chinois pour cinquante mille Tibétains.
Comme la Chine le reconnaît elle-même, sa politique de transferts de population a causé « d'irréparables dégats écologiques à d'immenses étendues de plateau fragile » en Amdo. Les experts attribuent cette détérioration au surpâturage, au défrichement inconsidéré et à la dégradation volontaire de la végétation.
MILITARISATION

Le Tibet était jusqu'en 1949 un paisible état-tampon entre l'Inde et la Chine. Il abrite aujourd'hui trois cent mille soldats et un quart des missiles nucléaires chinois.
La Chine procède à des essais nucléaires à Lop Nor, à 200 km environ d'une ville, dans la partie méridionale de la province de Xinjiang, située au nord de la Région Autonome du Tibet. Cette province fait partie du Tibet, dont elle a été détachée administrativement par la colonisation. L'explosion souterraine du 25 sept. 1992, équivalente à moins de 20 kt de TNT, a provoqué une secousse de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter. L'essai précédent sur le même site, le 19 mai 1992, était le plus puissant jamais conduit par la Chine, 300 - 1 000 kt.
La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit de sérieuses tensions internationales.

La présence militaire chinoise comprend :

* Entre 3 et 500 000 hommes, dont 200 000 (15 divisions) sont cantonnés en permanence dans la Région Autonome du Tibet.
* Dix-sept stations de radars secrètes ; quatorze aérodromes militaires.
* Cinq bases de missiles : Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchuka.
* Au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire.

PLAN DE PAIX EN CINQ POINTS

En septembre 1987 le Dalaï Lama a fait les propositions suivantes, rejetées par le gouvernement chinois :

1. Abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui menace l'existence du peuple tibétain.
2. Respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques des Tibétains.
3. Restauration et protection de l'environnement naturel du Tibet ; cessation par la Chine de la production d'armes nucléaires au Tibet et du dépôt de déchets nucléaires au Tibet.
4. Transformation de l'ensemble du Tibet en zone de paix.
5. Début de négociations sincères sur le futur statut du Tibet et sur les futures relations entre les peuples tibétain et chinois.

Le Dalaï Lama est le premier lauréat du Prix Nobel de la Paix (1989) qui l'ait reçu, entre autres raisons, pour son oeuvre en faveur de l'environnement. Il a reçu aussi pour sa « contribution remarquable à l'éthique et à l'environnement » le Prix de la Terre, décerné pour la première fois en 1991.

« Nous connaissons beaucoup de sites, d'animaux, de plantes rares que les générations futures ne verront peut-être pas. Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard. Nous en sommes capables, nous en sommes responsables. »

Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Al Gore, le vice-président des Etats-Unis, écrivait dans Earth in the balance, alors qu'il était sénateur du Tennessee :

« Les Tibétains n'ont pas le pouvoir d'empêcher les autorités chinoises de détruire l'environnement de leur patrie, car leur pays est occupé militairement par la Chine depuis plus de quarante ans. (...) Pour protéger efficacement l'environnement, il faut être libre, c'est une condition nécessaire. (...)

En fait, presque partout où le citoyen ordinaire n'a pas voix au chapitre dans les décisions qui concernent sa vie, il souffre et son environnement aussi. »

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l'eau: prochain combat mondial

Message par Admin le Dim 30 Mar - 0:56

Mais voila une bonne raison d'occuper le tibet!!!!
Al gore "une vérité qui dérange" édition de la martiniere page 58 (a lire absolument!!)

les glaciers himalayens du plateau tibétain sont parmi les plus touchés par le réchauffement du climat. l'himalaya contient 100 fois plus de glace que les alpes et fournit plus de la moitié de l'eau potable pour 40% de la production mondiale, et cela, à travers sept fleuves asiatiques qui prennent naissance sur le même plateau.

au cours du demi-siècle qui vient, ces 40% de la population mondiale pourraient avoir à faire face à un très grave déficit en eau potable, à moins que nous n'agissions plus rapidement et fortement pour réduire le réchauffement climatique.

voila de quoi réfléchir!!

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