Le Tibet, Kes Aquo ?

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la Chine ressort la rhétorique guerrière du passé

Message par Admin le Sam 5 Avr - 22:12

Tibet: la Chine ressort la rhétorique guerrière du passé

Associated Press

Pékin

Le Dalaï lama est «la griffe des forces internationales anti-chinoises», les moines tibétains sont «la lie du bouddhisme» et les critiques étrangers ont une «mentalité sombre et méprisable». Face à la crise du Tibet, le gouvernement chinois refait appel à la rhétorique officielle rugueuse du passé pour défendre ses positions, montrant une nouvelle fois combien la question tibétaine reste sensible à Pékin.

Trois décennies de réformes économiques et une société toujours plus dynamique n'ont que peu d'impact sur le ton employé par Pékin lorsque les questions de souveraineté territoriale et de pouvoir entrent en jeu, soulignent les spécialistes de la Chine. Même les Jeux olympiques à venir ne semblent pas pouvoir modérer la teneur des propos.

«La Chine, c'est plusieurs choses», résume Perry Link, spécialiste de la Chine à l'université de Princeton. «L'économie florissante et les villes tape-à-l'oeil sont réelles, mais de la même manière que la vieille culture politico-rhétorique qu'on range sur l'étagère et qu'on ressort quand on en a besoin».

C'est pour le Dalaï lama, accusé d'avoir orchestré les manifestations du 14 mars à Lhassa et d'autres communautés tibétaines, que Pékin réserve son langage le plus dur. Et c'est au secrétaire général du Parti communiste chinois Zhang Qingli qu'il revient de l'employer. Protégé du président Hu Jintao -qui, en tant que chef du PCC au Tibet, avait dirigé la violente répression des derniers troubles en 1989-, Zhang pioche dans une importante réserve de rhétorique guerrière pour mener à bien sa mission.

Il a ainsi déclaré que le Dalaï lama était «un loup en costume de moine, un diable à visage humain mais avec un coeur de bête». «Nous sommes désormais engagés dans une bataille féroce à feu et à sang contre la clique du Dalaï lama, une bataille à mort entre nous et l'ennemi», a-t-il également affirmé, selon des propos cités par les médias officiels.

Puisant également dans le lexique de la Révolution culturelle (1966-76), les autorités chinoises ont exhorté la population à adopter une «position bien arrêtée» contre les manifestants tibétains et ignoré les appels au dialogue et à la réflexion sur la situation politique en Chine.

La position de Pékin est encore durcie par la nature même de la question de la souveraineté chinoise sur le Tibet, que le gouvernement juge inviolable et exclut catégoriquement de remettre en cause. La Chine affirme que le Tibet fait partie de son territoire depuis plus de sept siècles, bien que de nombreux Tibétains affirment qu'ils étaient essentiellement indépendants avant l'invasion des forces communistes en 1950.

Et le point de vue officiel est largement partagé par l'opinion publique, comme le prouve l'important soutien populaire à une campagne lancée par le pouvoir pour dénigrer les médias étrangers indépendants évoquant la question.

Le Chinois de la rue est «si profondément socialisé par cette idée» que toute tentative de la remettre en cause entraîne de fortes réactions émotionnelles, explique Kelle Tsaï, politologue à l'université américaine Johns Hopkins. De telles attitudes sont également valables pour les couches de la population plus éduquées, qui ont pourtant pu être exposées à d'autres points de vue.

«Ceux qui laissent entendre que la Chine pourrait adoucir sa rhétorique ou desserrer le contrôle sur les médias ont aussi des chances d'être vus comme trop influencés par les idées occidentales, bienveillants à l'égard des forces sécessionnistes et peut-être même comme des non-patriotes», conclut Kelle Tsaï.

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Re: Le Tibet, Kes Aquo ?

Message par nepala le Mer 2 Avr - 14:20

Merci pour toutes ces infos très bien documentées.

nepala

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Le Tibet en exil

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 22:07

Suite à l’invasion chinoise du Tibet en 1949/50, le Dalaï-Lama, chef temporel et spirituel du peuple tibétain, a tenté pendant huit années de coexister pacifiquement avec les Chinois. Mais la répression violente et permanente exercée par les troupes chinoises a finalement débouché sur le soulèvement national de 1959 (Dix Mars). Durement réprimé, il entraîna la mort de quelque 90.000 Tibétains dans le seul Tibet central.

Dans le plus grand secret, accompagné par plus de 80.000 Tibétains, le Dalaï-Lama entreprit sa longue marche vers l’exil indien. Aujourd’hui, la majorité des Tibétains vit en exil en Inde, au Népal et au Tibet. D’autres communautés importantes existent aux Etats-Unis ainsi qu’en Suisse. En tout et pour tout, le nombre de Tibétains exilés est évalué à quelque 150.000 personnes.

Tous les jours, des adultes et des enfants tibétains fuient la répression chinoise au Tibet en traversant la chaîne himalayaenne au péril de leur vie.

Dès le début de l’exil, le Dalaï-Lama entreprit de réorganiser le gouvernement tibétain, et ce selon des principes démocratiques modernes.

Aujourd’hui, le gouvernement tibétain en exil organise tous les aspects de la société tibétaine exilée, y inclu le réétablissement, la sauvegarde et le développement de la culture tibétaine.

Avec l’appui des associations de soutien actives dans le monde entier (Tibet Support Groups, dont Les Amis du Tibet, Luxembourg), le gouvernement tibétain en exil est le fer de lance du combat international pour un Tibet libre.

Le peuple tibétain (à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet) considère le gouvernement tibétain en exil comme son représentant légitime.

Basé à Dharamsala en Inde, le gouvernement tibétain en exil fonctionne sur la base d’une Charte. Il est dirigé par le Conseil des ministres (le Kashag composé de huit Kalon/ministres) lui-même contrôlé par l’Assemblée du peuple tibétain en exil (46 députés élus démocratiquement par la communauté tibétaine en exil) ainsi que par la Commission de Justice, une entité juridictionnelle indépendante.

L’Administration centrale tibétaine (CTA) est composée de trois commissions distinctes (compétentes pour les élections, le service public et l’audit) et de sept départements (en charge des ressorts religion et culture, affaires domestiques, éducation, information et relations internationales, sécurité, santé, et planification).

Le gouvernement tibétain en exil coordonne les activités de ses représentations dans le monde. Faisant fonction de véritables ambassades, de tels bureaux existent notamment aux Etats-Unis (New York), en Inde (Nouvelle Delhi), au Royaume-Uni (Londres), au Japon (Tokio), au Népal (Kathmandu), en Suisse (Genève), en France (Paris). en Russie (Moscou), enHongrie (Budapest) et en Afrique du Sud (Canberra).

Le Bureau du Tibet à Paris est géographiquement en charge de la France, des pays du Benelux, de l’Espagne, du Portugal ainsi que des Communautés européennes. Il est actuellement dirigé par Madame Kunzang Yuthok.

A peine arrivé à Daramsalla dans le nordouest de l’Inde, le Dalai-Lama entreprit de mettre sur pied des structures sociales, éducatives et politiques. Sa vision fut et est toujours de sauvegarder l’héritage de la culture tibétaine, de préserver l’identité du peuple tibétain.

Pour ce faire, le gouvernement tibétain en exil met l’accent sur le développement de communautés autonomes, la création d’écoles tibétaines, le développement de pratiques thérapeutiques tibétaines. etc.

Tout en n’étant pas reconnu par les autorités internationales (qui ne reconnaissent que la seule République Populaire de Chine), le gouvernement tibétain en exil est largement reconnu par les Tibétains comme leur représentation légitime, et ce aussi bien à l’intérieur comme à l’extérieur du Tibet.

Le gouvernement tibétain en exil est conduit par un “cabinet” (le “Kashag”) dont les membres sont élus par le parlement tibétain en exil.

L’exécutif regroupe divers “départements” (ministères) s’occupant de l’éducation, de la santé, de la planification, des affaires internes, des finances, des relations internationales, des affaires religieuses et culturelles, etc.

Depuis 1959 et grâce aussi au soutien des gouvernements indien, népalais et boutanais (ainsi que du Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés), quelque 60 camps de réfugiés ont pu être créés dans ces pays trois pays. Chacun de ces camps a une orientation socio-économique spécifique (agriculture, agro-industrie, artisanat).

Dans ces camps, jusqu’à la moitié des réfugiés tibétains dépendent de l’agriculture.

A la recherche de nouvelles sources de revenus, de 1 à 4 adultes sur 5 (selon les camps) quittent leur camp chaque année.

Dans les camps, le chômage est évalué à près de 20%.

Afin de prévenir les problèmes sociaux, le gouvernement tibétain en exil , appuyé par le gouvernement indien, fait d’énormes efforts afin de scolariser un maximum de Tibétains exilés. Par ailleurs, des institutions indépendantes comme les “Villages d’enfants tibétains” (TCV) - dont dépend l’Ecole de Bir (soutenue par Les Amis du Tibet, Luxembourg) - scolarisent elles aussi un grand nombre d’enfants tibétains exilés. Au total, près de 80% des enfants tibétains exilés sont solarisés.

En raison de la surpopulation de certains camps, de sérieux problèmes d’hygiène subsistent. Diverses maladies restent tenaces: (diarrhée, tuberculose -quelque 35.000 Tibétains exilés en ont été touchés depuis 1959-, etc.). Aussi le gouvernement tibétain tente-t-il de mettre en oeuvre un vaste programme de santé publique.

Près de la moitié des réfugiés ayant fui le Tibet au cours des cinq dernières années - en raison de la persécution religieuse pratiquée par les autorités chinoises - sont des moines et des nonnes bouddhiques. 44% des nouveaux réfugiés étaient âgés de 14 à 25 ans, 17% avaient moins de 13 ans.



Olivier MORES

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L’administration centrale tibétaine, un gouvernement démocratique

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 22:05

La question qui nous est souvent posée est celle du caractère démocratique du gouvernement tibétain en exil. A la limite, ne s'agirait-il pas d'une dictature théocratique dominée par le Dalaï-Lama, qui attendrait son heure pour restaurer un régime "féodal" au Tibet, comme le prétend le gouvernement chinois ?

Même parmi les supporters de la cause tibétaine, les institutions complexes et très élaborées que se sont données les Tibétains en exil sont souvent mal connues, l'intérêt étant souvent focalisé sur les questions culturelles, religieuses et humanitaires.

Une communauté en exil soudée

Après la fuite du Dalaï-Lama en 1959, celui-ci a été suivi par quelques 80 000 Tibétains s'installant en Inde, au Népal et au Bhoutan. L'afflux des réfugiés continue jusqu'à ce jour. A présent, le nombre total des réfugiés, y compris ceux nés en exil, est de 130 000. D'importantes communautés sont également implantées en Europe et en Amérique du Nord.

Dès l'année de sa fuite, le Dalaï-Lama a créé un gouvernement en exil, Administration centrale du Tibet (Central Tibetan Administration : CTA), dont le siège fut dès 1960 établi à Dharamsala, en Inde du Nord. Aujourd'hui, cette administration compte pas moins de 350 fonctionnaires.

Un gouvernement démocratique moderne

Même si le poids symbolique et charismatique du Dalaï-Lama demeure entier, le gouvernement en exil a aujourd'hui les caractéristiques d'un gouvernement démocratique moderne : une constitution se référant aux droits de l'homme, une division des pouvoirs entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire, des élections à deux niveaux, le peuple élisant l'Assemblée et celle-ci choisissant les ministres.

A ce titre, la CTA est reconnue par les Tibétains, de l'intérieur comme de l'exil, comme leur seul gouvernement légitime. Elle est également de plus en plus reconnue comme la vraie représentation du peuple tibétain par de nombreux parlements du monde.

La CTA s'est donnée la double tâche d'insérer les réfugiés tibétains dans leur nouvel environnement en attendant de pouvoir rétablir la liberté au Tibet même.

Une constitution : la Charte des Tibétains en exil

La Charte des Tibétains en exil est la loi suprême qui gouverne les fonctions de la CTA. L'Assemblée des députés du peuple tibétain a adopté cette Charte en 1991.

La Charte fait profession d'adhérer à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et de garantir à tous les Tibétains l'égalité devant la justice et la jouissance de tous les droits et libertés sans discrimination de sexe, religion, race, langue ou origine sociale.

La Commission suprême de justice

La Commission suprême de justice est le plus haut organe judiciaire de la CTA. Selon la Charte, elle est responsable du jugement de toutes les disputes civiles dans les communautés tibétaines. La Commission, toutefois, ne traite aucun cas qui serait en contradiction avec la loi des pays d'accueil. De même, elle ne traite aucun cas criminel, car ceux-ci sont réservés aux gouvernements d'accueil. Les cas les plus importants entendus par la Commission suprême de justice sont ceux opposant l'administration et le peuple. C'est donc un organe où les gens peuvent déposer plainte contre l'administration.

L'Assemblée des députés du peuple tibétain

L'Assemblée des députés du peuple tibétain est l'organe législatif supérieur de la communauté. Il a été institué en 1960. La création de ce corps, démocratiquement élu, était une des modifications majeures que le Dalaï-Lama avait apportées dans ses efforts d'introduire un système administratif démocratique. L'Assemblée comporte 46 membres. Les réfugiés de l'U-Tsang, du Kham et de l'Amdo, les trois provinces traditionnelles du Tibet, élisent chacune dix membres, tandis que les quatre écoles du bouddhisme tibétain ainsi que les Bön, la foi traditionnelle, élisent chacune deux membres. Trois des députés sont élus par les Tibétains vivant en Occident. De plus, trois membres éminents dans les domaines de l'art, de la science, de la littérature et du service à la communauté sont directement nommés par le Dalaï-Lama.

Le Kashag

Le Kashag (le cabinet) est l'organe exécutif supérieur de la CTA. Il exerce ses pouvoirs en étant subordonné au Dalaï-Lama. Depuis 1990, les membres du Kashag sont élus par l'Assemblée des députés du peuple tibétain pour une durée de cinq ans, et sont donc responsables devant lui.

Le Kashag est composé d'un président et de sept ministres : de l'Information et des Relations Internationales, de l'Education, de l'Intérieur, de la Sécurité, des Finances, des Affaires religieuses et culturelles et de la Santé.

Les départements sous l'autorité du Kashag

Sept départements dépendent donc du Kashag, chacun ayant un ministre à sa tête.

Le Département des Affaires religieuses et culturelles vise à préserver et à promouvoir l'héritage spirituel et culturel du Tibet qui est à deux doigts de l'extinction dans sa propre patrie. Durant les quatre dernières décennies, la communauté tibétaine en exil a construit 181 monastères et huit couvents comptant plus de 17 000 moines et 600 nonnes. A part les monastères et les couvents, il y a également des centres culturels qui permettent l'étude des traditions aussi bien spirituelles que séculaires du Tibet. Le plus connu de ces centres culturels en Inde est l'Institut Tibétain des Arts Scéniques à Dharamsala (Tibetan Institute of Performing Arts : TIPA).

Le Département de l'intérieur est responsable de tous les projets de réinsertion des exilés tibétains. Il contrôle 21 colonies agricoles, 11 unités groupées, huit agro-industries et quatre coopératives de tissage de tapis en Inde. Il s'occupe aussi de plus de 20 communautés et centres de travail manuel au Népal et au Bhoutan.

Le Département des finances dirige 25 entreprises commerciales en Inde, au Népal et aux Etats-Unis afin de générer des fonds permettant à la CTA de fonctionner. Une source importante de ses revenus est constituée par une contribution volontaire de 24 roupies, plus 2% du revenu, de tous les Tibétains en exil.

Le Département de l'Education, créé en 1959, supervise les activités éducatives en exil. Il existe aujourd'hui 85 écoles en Inde, au Népal et au Bhoutan, pour environ 27 000 élèves. Ces institutions forment 70% des enfants en exil. Le Village des enfants tibétains (Tibetan Children's Village : TCV) administre 15 écoles avec plus de 10 000 élèves, la Fondation des homes tibétains gère deux écoles avec 1500 élèves.

Le Département de la Sécurité assure la sécurité personnelle du Dalaï-Lama, accueille et aide les réfugiés tibétains. Le Département gère également une section de renseignements qui suit l'évolution du Tibet occupé et de la Chine.

Le Département de l'information et des relations internationales (Department of Information and International Relations : DIIR) renseigne les Tibétains et l'opinion publique internationale sur les conditions régnant au Tibet. Il publie des journaux périodiques, des livres, des programmes audio et vidéo sur le Tibet. Il établit des liaisons avec les médias internationaux et les groupes de soutien au Tibet dans le monde entier. Enfin, il coordonne treize bureaux de représentation dans le monde : New Delhi, Genève, New York, Tokyo, Londres, Katmandou, Budapest, Moscou, Paris, Canberra, Pretoria, Taipei et Washington.

Le Département de la santé gère 61 centres de soins médicaux et six hôpitaux dans presque toutes les communautés tibétaines en Inde et au Népal. Le Département prend en charge les frais des soins d'urgence et des traitements médicaux des Tibétains pauvres. L'Institut tibétain astro-médical à Dharamsala dispose de 37 cliniques auxiliaires dans de nombreuses régions en Inde et au Népal afin de pouvoir offrir la médecine tibétaine traditionnelle aux Tibétains et à la population locale.

A la libération du Tibet

Aujourd'hui, la CTA fonctionne comme un véritable gouvernement et dispose de tous les rouages d'un gouvernement démocratique. Par ailleurs, la CTA n'a pas été conçue pour prendre le pouvoir une fois le Tibet libéré. Le Dalaï-Lama a stipulé que le présent gouvernement en exil sera dissous au moment où le Tibet sera libre. Il y aurait alors un gouvernement de transition qui serait gouverné par un président intérimaire, élu ou appointé par le Dalaï-Lama lui-même. Ce président organisera des élections dans les deux ans et transmettra le pouvoir au nouveau gouvernement élu par le peuple.

Raymond MEYERS

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La torture au Tibet

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 22:02

La torture de prisonniers politiques tibétains est utilisée comme méthode de répression depuis que les Chinois ont envahi le Tibet il y a 50 ans. Malgré que la Chine déclare adhérer à la loi internationale interdisant l'usage de la torture, le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD) a rassemblé d’innombrables témoignages d’anciens prisonniers politiques montrant que la torture est toujours utilisée

La détention

Une personne peut être arrêtée pour avoir participé à toute activité politique indépendantiste, par exemple manifester, distribuer des tracts, coller des affiches, crier des slogans comme “Libérez le Tibet”. La personne est généralement emmenée dans un centre de détention où une confession doit être obtenue avant qu’une arrestation formelle puisse avoir lieu. Dans la majorité des cas, les interrogatoires sont accompagnés de torture.

Un détenu est généralement gardé entre deux et six mois avant qu’une peine soit prononcée. Les prisonniers n’ont presque aucune possibilité de se défendre. Bien que les juges soient souvent au courant que les prisonniers ont été battus ou torturés afin de leur extraire une confession, ils suivent les recommandations du représentant du ministère public.

La torture durant la détention

Plusieurs techniques de torture sont utilisées durant la détention. Les méthodes sont devenues de plus en plus sophistiquées, avec l’introduction de nouveaux instruments comme le bâton électrique (parfois appelé aiguillon à bétail électrique) ou la technique consistant à blesser les victimes intérieurement plutôt que de causer des marques extérieures visibles. Une autre technique fréquemment utilisée est l’agression sexuelle avec des instruments de torture perpétrée à l'encontre des femmes, en particulier contre les nonnes. De plus, on refuse aux victimes torturées en prison le traitement médical dont elles ont besoin. Dans certains cas, ceci a mené à des mutilations physiques irréversibles, dans d’autres cas, à la mort.

La torture durant l’emprisonnement

La torture pendant l’emprisonnement prend d’autres formes, comme le travail forcé et des exercices. Certains ont décrit ces exigences physiques comme plus dures que les coups. Il y a aussi des techniques qui ont un effet plus profond sur le psychisme, comme par exemple l’extraction de sang ou la privation de nourriture. Les moines et les nonnes souffrent souvent des formes de torture psychologique les plus terribles, car on les force à violer leurs croyances religieuses. Par exemple, une méthode d’abus psychologique est de forcer les nonnes et les moines à porter des thankas (peintures religieuses) couverts d'excréments humains.

Une variété de méthodes

Une forme de torture couramment décrite par d'anciens prisonniers est de pendre les prisonniers au plafond au-dessus d'un feu. Ceci est seulement une des multiples techniques de torture auxquelles Palden Gyatso, relâché en 1992 et vivant aujourd’hui à Dharamsala, a survécu. Il a été emprisonné pendant 33 ans pour des raisons politiques. “D'abord, ils ont attaché notre cou, puis ont noué nos mains à notre cou. Ils ont noué les cordes comme on le fait avec un sac, en utilisant le mur comme support. Nous avons été attachés pendant les sessions d’interrogatoire, puis pendus au plafond. Si nous ne donnions pas de réponse satisfaisante, ils enlevaient nos vêtements, nous pendaient de nouveau au plafond et les tortionnaires nous jetaient de l’eau bouillante sur tout le corps.”

Une autre méthode décrite par Palden Gyatso est la menotte auto-serrante, appelée aussi “menotte jaune”. Des dents sont à l’intérieur de la menotte et quand la victime bouge, elles sortent automatiquement et entaillent le poignet. Un autre type de menottes cause des ampoules sur le poignet qui deviennent des inflammations et se développent par après en brûlures.

Décès dû à l'emprisonnement

Lorsque le prisonnier est sur le point de mourir à cause de la torture, il est en général hospitalisé ou relâché. La personne meurt alors hors des murs de la prison, ainsi, les autorités ont l’air moins coupables. Les prisonniers meurent également à la suite de maladies prolongées et non traitées dues à la détention. Depuis l'année 1986, le TCHRD a rapporté 17 morts confirmées de personnes décédées immédiatement après avoir été relâchées de prison. Toutes les victimes avaient été torturées.

Par exemple, Jampel Thinley, un moine accusé en 1997 d’avoir collé des affiches “contre-révolutionnaires” sur les murs d’un monastère est mort dans les quatre jours après sa libération. A l’hôpital, ses amis proches l’ont entendu murmurer qu’on ne lui avait donné ni eau ni nourriture pendant les neuf jours et nuits qu’il avait été battu et torturé. Les autorités n'ont fourni aucune explication quant à sa mort, même si à son enterrement plusieurs moines avaient vu que son corps était devenu rouge et bleu.

Blessures internes et manque de traitement médical

Infliger des blessures internes est un moyen sophistiqué de camoufler des signes visibles de torture. Une façon courante de tuer les prisonniers est d’endommager les reins. Ceci suggère que les tortionnaires se concentrent intentionnellement sur l'intérieur du corps afin de minimaliser les blessures externes. Quand les blessures causées sont si graves qu’elles pourraient provoquer la mort, comme dans le cas de la nonne Rinzin Choeden, le prisonnier est souvent relâché. Une semaine après son arrestation, qui avait eu lieu le 8 mars 1989 à la suite d’un manifestation, Rinzin a été ramenée à son couvent de Shugseb dans une condition critique. Ses reins avaient été endommagés par suite de la torture. Elle est décédée en 1990 à l'âge de 25 ans.

Même si les prisonniers souffrent de blessures infligées par la torture, il ne reçoivent pas assez de traitements médicaux ou alors on les soigne trop tard. Ceux qui ont survécu ont souvent les dommages définitifs. Une nonne, Kunchok Tsomo, a passé trois ans en prison avec un bras cassé par une crosse de fusil lors de son arrestation pendant une manifestation en mai 1993. Son bras n’a jamais été soigné. Sa blessure était aggravée par les travaux qu’on lui a infligés en prison, notamment le nettoyage et la séparation de la laine.

Mineurs torturés

Le 1er avril 1992, la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant est formellement entrée en vigueur en Chine. Selon cette convention, la détention ou l’arrestation d’un enfant ne peut être utilisée qu’en dernier lieu et selon la loi. Or, à ce jour, on connaît 39 jeunes prisonniers politiques dans plusieurs prisons chinoises au Tibet, et beaucoup de prisonniers actuels avaient moins de 18 ans au moment de leur arrestation.

Ces jeunes gens ont été emprisonnés parce qu'ils essayaient d’exercer leur droit à la liberté d’expression. Ils sont détenus dans des prisons d’adultes, on ne leur accorde pas d’avocat ni aucun contact avec leur famille. Ils sont mis aux travaux forcés et sont sujets aux mêmes tortures et abus que les adultes. L’effet psychologique de la torture sur un jeune peut donner des séquelles très profondes. La période de détention, même si ce n’est qu’un mois, peut sembler infinie, et les enfants ne comprennent souvent pas pourquoi ils sont prisonniers.

La plus jeune prisonnière politique décédée au Tibet est une petite fille de 15 ans nommée Sherab Ngawang. Elle est morte le 17 avril 1995, deux mois après avoir été relâchée de la prison de Trisam. Apparemment, elle a été électrocutée avec des aiguillons électriques et battue avec un tube en plastic rempli de sable, parce qu'elle s’était jointe à d’autres nonnes pour chanter des chansons de liberté dans la prison. Elle a été battue jusqu’à ce que son corps soit couvert d’ecchymoses et qu’on pouvait à peine la reconnaître.

Femmes torturées

Les femmes sont plus vulnérables aux mauvais traitements que les hommes, car les autorités utilisent la torture sexuelle comme moyen de punition et d’interrogatoire, spécialement envers les nonnes. Même des femmes enceintes, normalement protégées par une loi internationale spéciale, ont été torturées, ce qui a provoqué des fausses couches. On a rapporté des attaques avec des bâtons et des aiguillons électriques introduits de force dans le vagin, l’anus et la bouche. La plupart du temps, les femmes sont torturées par des gardes féminins.

Tenzin Choeden a été détenue pendant deux mois dans le centre de détention de Gutsa, près de Lhassa, où elle a été interrogée et torturée tous les jours : “Nous avons été emmenées dans une pièce une par une où il y avait quatre gardiennes. On m'a déshabillé complètement et on m'a dit de me coucher sur le sol comme si je me prosternais.”

Les femmes, masquées et portant des gants, ont battu Tenzin sur tout le corps avec les bâtons et elle s'est évanouie. “Quand je me suis réveillée, les gardiennes ont inséré un bâton dans mon vagin avec une violence extrême. Puis elles ont mis le bâton dans ma bouche. J’ai essayé de garder ma bouche fermée mais l'une des gardiennes a poussé tellement fort que les lèvres se sont déchirées et que j'ai perdu deux de mes dents.”

Travaux et exercices forcés

Tous les prisonniers détenus dans les prisons au Tibet sont forcés d'effectuer des travaux intensifs. Souvent, on rajoute à cela des exercices forcés et un régime alimentaire exécrable afin d'affaiblir les prisonniers. Luesang, un prisonnier de 16 ans, devait faire des travaux de construction pendant deux ans quand il était à la prison de Toelung Trisam. "Parfois, nous devions travailler presque 24 heures sur 24 : de 8 à 12, de 13 à 18 heures, de 19 heures du soir à 1 heure du matin, et puis de nouveau de 2 heures à 6 heures du matin. Les repas étaient très maigres : deux tranches de pain et de l'eau chaude au matin, des légumes cuits et du riz crû le midi, deux tranches de pain et des légumes bouillis le soir, et de l'eau chaude pendant la nuit."

Les prisonniers doivent également labourer, travailler dans les mines ou récolter des excréments humains pour les utiliser comme engrais. Ils travaillent souvent dans des endroits désertiques et inhospitaliers du Tibet et doivent endurer un entraînement idéologique très dur. On leur donne des quotas à réaliser afin de tirer un maximum de profit de leur travail. Ces quotas sont obligatoires même si les prisonniers sont malades.

Les informations de cet article proviennent du rapport : Tales of Terror, Torture in Tibet, Tibetan Centre for Human Rights and Democratie (TCHRD), Dharamsala, 1999, 39 pages.

La traduction française du rapport a été réalisée par Les Amis du Tibet - Belgique, 23, avenue Georges Pètre, B-1210 Bruxelles, et peut être commandée pour 100 francs à l'adresse indiquée.

A lire aussi : Palden Gyatso, Le feu sous la neige - Mémoires d'un moine tibétain, Actes Sud, 1997 (aussi en livre de poche dans la collection Babel, 1998).

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Le statut historique du Tibet

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:58

Alors que les autorités chinoises prétendent que le Tibet a toujours appartenu à la Chine, le Dalaï-Lama et le gouvernement tibétain en exil soulignent sans cesse que le Tibet est un pays occupé depuis 1949/50.

En fait, l’histoire du Tibet remonte à l’an 127 a.C. avec l’établissement de la dynastie Yarung.

Au VIIe s., le Tibet fut unifié sous le règne de Song-tsen Gampo et de ses successeurs. Pendant les siècles suivants, le Tibet fut une des plus grandes puissances d’Asie, affirmation confirmée par certaines inscriptions sur une colonne du Palais du Potala à Lhassa ainsi que par des révélations historiques chinoises remontant à l’époque Tang. Un traité de paix formel fut conclu en 821/823 entre le Tibet et la Chine, traité délimitant clairement la frontière entre les deux pays et asssurant aux Tibétains “qu’ils seront heureux au Tibet et les Chinois en Chine”.
Influence mongole

Alors qu’au cours du XIIIe s., l’empire mongol de Gengis Khan s’étendait à l’ouest vers l’Europe et à l’est vers la Chine, les leaders tibétains de la puissante école Sakya de bouddhisme tibétain, conclurent un accord avec les chefs mongols afin d’éviter la conquête du Tibet. Le lama tibétain promit loyauté politique, bénédiction et enseignement religieux en échange d’un parrainage et d’une protection. Les liens religieux devinrent réellement importants losrsque des dizaines d’années plus tard, le Kubilaï Kahn conquit la Chine et établit la dynastie Yuan (1279-1368), il proposa au Sakya Lama de devenir Précepteur Impérial et Pontife suprême de son Empire.

Les relations qui se développèrent et continuèrent d’exister jusqu’au 20e s. entre les Mongols et les Tibétains étaient un reflet d’une étroite affinité raciale, culturelle et religieuse entre les deux peuples d’Asie centrale. L’empire mongol était une empire mondial et quelles que fussent les relations entre ses gouvernants et les Tibétains, les Mongols n’intégrèrent jamais l’administration du Tibet et celle de la Chine, ni unirent le Tibet à la Chine.

Le Tibet rompit ses liens politiques avec l’empereur Yan en 1350 avant que la Chine ne regagnat son indépendance. Le Tibet ne tomba à nouveau sous un certain degré d’influence étrangère qu’au cours du XVIIIe s.
Mandchous, Gorkhas et Anglais

Le Tibet ne développa aucun lien avec la dynastie chinoise Ming (1368-1644). D’ailleurs, le Dalaï-Lama, qui avait établi son gouvernement souverain sur le Tibet grâce à l’aide d’un protecteur mongol en 1642, développa d’étroits liens religieux avec les empereurs mandchous qui conquirent la Chine et y établirent la dynastie Qing (1644-1911). Le Dalaï-Lama accepta de devenir le guide spirituel de l’empereur mandchou, et en accepta en échange le parrainage et la protection. Cette relation “prêtre-patron” que le Dalaï-Lama maintint aussi avec quelques princes monols et nobles tibétains, était le seul lien formel existant entre les Tibétains et les Mandchous durant la dynastie Qing et n’entama pas l’indépendance tibétaine.

Sur le plan politique, certains puissants empereurs mandchous réussirent à exercer un degré d’influence sur le Tibet. C’est ainsi que de 1720 à 1792, les empereurs Kangxi, Yong Zhen et Qialong envoyèrent à quatre reprises des troupes impériales au Tibet afin de protéger le Dalaï-Lama et le peuple tibétain des invasions mongoles, gorkhas, mais aussi d’éventuels troubles internes. Ces expéditions donnèrent aux empereurs les moyens d’établir leur influence sur le Tibet. Ils envoyèrent des représentants dans la capitale tibétaine, Lhassa, qui exercèrent leur influence sur le gouvernement tibétain, notamment en ce qui concerne la conduite des relations extérieures. A l’apogée du pouvoir mandchou, la situation n’était pas différente de celle qui peut exister entre une superpuissance et un pays satelitte ou protectorat, c-à-d une situation n’annulant pas l’indépendance politique de l’Etat faible. Le Tibet ne fut jamais annexé à l’empire mandchou, ni même à la Chine et continua de conduire ses relations avec les Etats voisins pour la plupart de façon autonome.

L’influence mandchoue ne dura pas longtemps: elle était tout à fait inefficace à l’époque où les Britanniques envahirent pendant une brève période Lhassa et conclurent un traité bilatéral avec le Tibet, la Convention de Lhassa. En dépit de cette perte d’influence, le gouvernement impérial à Pékin continua de revendiquer une certaine autorité quelconque sur le Tibet, notamment s’agissant des relations internationales, une autorité que le gouvernement britannique désigna sous le terme de “suzeraineté” dans ses pourparlers avec Pékin et St.Petersbourg. L’armée impériale chercha à réaffirmer une influence effective en 1910 en envahisssant le pays et en occupant Lhassa. Après la révolution chinoise de 1911 et le renversement de l’empire mandchou, l’armée chinoie se rendit aux troupes tibétaines et fut rappatriée sur la base d’un accord de paix sino-tibétain. Le Dalaï-Lama affirma à nouveau la complète indépendance du Tibet, sur le plan intérieur par une déclaration et sur le plan extérieur par les communications envoyées aux gouvernements étrangers et par un traité avec la Mongolie.

Le Tibet au XXe s.

Le statut du Tibet à la suite de l’expulsion des troupes mandchoues ne fait pas l’objet d’un sérieux différend. Quels que fussent les liens existant entre le Dalaï-Lama et les empereurs mandchous et la dynastie Qiung, ceux-ci s’étaient rompus avec la chute de cet empire et de cette dynastie-là. Depuis 1911 et jusqu’à 1950, le Tibet réussit à éviter toute ingérence étrangère indue et se conduisit sous tous les aspects comme un Etat tout à fait indépendant.

Le Tibet maintint des relations diplomatiques avec le Népal, le Bhoutan, la Grande-Bretagne et, plus tard, avec l’Inde indépendante. Les relations avec la Chine demeurèrent tendues. Les Chinois entreprirent une guerre de frontière contre le Tibet, tout en l’invitant à se joindre à la République chinoise et en soutenant devant le reste du monde que le Tibet était déjà l’une des “cinq races” de la Chjine.

Dans l’essai de réduire les tensions sino-tibétaines, les Britanniques convoquèrent une conférence à trois en 1913 à Simla, où les trois Etats se rencontrèrent au même niveau. Comme le délégué britannique le rappela à sa contrepartie chinoise, le Tibet participait à cette conférence en tant que “nation indépendante” qui ne reconnaissait aucune obéissance envers la Chine. La conférence échoua car elle n’aboutit pas à la résolution du différend entre la Chine et le Tibet. Elle fut pourtant utile, parce que l’amitié anglo-tibétaine fut réaffirmée par la conclusion d’accords bilatéraux dans les domaines du commerce et des frontières.

Par une Déclaration conjointe, la Grande-Bretagne et le Tibet s'engagèrent à ne pas organiser la suzeraineté chinoise, ni aucun autre droit spécial chinois au Tibet.
Michael C. Walt Van Praag, expert en droit international et conseiller juridique du Dalaï-Lama.

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Le drapeau national tibétain

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:55

Le drapeau national tibétain

(explications de Thierry Lamouroux)

L'origine du drapeau national tibétain remonte au 7ème siècle, durant le règne du grand empereur Song Tsèn Gam Po. A cette époque le pays était divisé en districts de tailles inégales, chacun d'entre eux militairement protégé aux frontières. Afin de marquer leur appartenance à un district particulier, les régiments en place arboraient des drapeaux quelque peu différents les uns des autres. Mais sur tous, l'on pouvait déjà y trouver certains des symboles, comme le lion des neiges, qui allaient figurer bien des siècles plus tard sur le drapeau tibétain tel qu'on le connait de nos jours.

C'est à Thubtèn Gyatso (1875-1933), le 13ème Dalaï-Lama, que l'on doit la forme définitive de cette emblème du peuple tibétain. Bien au fait des usages de la diplomatie planétaire, ce grand monarque comprit rapidement la nécessité de modifier en profondeur les structures administratives de son pays. Il mit alors en route d'importantes réformes dont l'une consista à donner à la nation un drapeau unique, symbole de l'unité et de la souveraineté du peuple tibétain dans son pays, le Tibet.

Les explications qui suivent quant à la symbolique du drapeau tibétain proviennent d'un ouvrage scolaire édité par le "Tibetan Cultural Printing Press" de Dharamsala en 1989.

En position centrale se trouve une somptueuse montagne recouverte par les neiges, symbole de la grande nation du Tibet universellement connu comme étant le "Pays aux Monts Enneigées".

Dans le ciel, les 6 raies rouges sont le symbole des "Six Tribus" qui sont traditionnellement considérées comme étant à l'origine du pays: les "Se", "Mu", "Dong", "Tong", "Dru", et "Ra".

Les 6 raies bleues foncées sont le symbole du ciel.

La combinaison de ces 12 raies, les 6 rouges pour les "ancêtres" et les 6 bleues foncées pour le "ciel", symbolise l'incessante activité déployée par les protecteurs "noirs et rouges" agissant au Tibet afin d'y préserver l'harmonie, tant spirituelle que séculière.

Au sommet de la montagne enneigée, il y a un soleil dont le rayonnement s'étend dans toutes les directions. Il est le symbole de la prospérité ainsi que de la liberté sociale et spirituelle équitablement partagées par tous les habitants du Tibet.

Sur les versants de la montagne se tiennent fièrement deux "lions des neiges" dont la crinière flamboyante est la marque qu'ils ignorent la peur. Ils sont le symbole de la réussite et de l'accomplissement du pays et de ses habitants, tant sur un plan social que sur un plan spirituel.

Les "trois joyaux" qu'ils maintiennent élevés devant eux sont le symbole de l'éternel respect et indestructible confiance que le peuple tibétain conserve à l'égard de ceux qui, dans le Bouddhisme, sont les "Trois Refuges Sublimes": "Le Bouddha, le Dharma et la Sangha"

Entre les deux lions, il y a un joyaux coloré composé de deux parties inextricablement enchâssées l'une dans l'autre. C'est le symbole de l'attention que porte le peuple tibétain tant à l'étique telle qu'elle est enseignée dans le bouddhisme par l'abandon des "10 actes non-vertueux", qu'à la morale sociale grâce au respect des "16 règles civiques" édictées à l'époque de l'empereur Song Tsèn Gam Po.

Enfin, la bordure jaune au pourtour du drapeau symbolise la diffusion, en toutes directions et à toutes les époques, de la parole du Bouddha dont l'éclat est en tous points semblable à celui de l'or le plus pur!

Leonelli

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Le Karmapa

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:54

Le Karmapa, troisième personnage de la hiérarchie religieuse tibétaine et le seul lama reconnu jusqu’ici par la Chine communiste, s'est enfui fin 1999 début 2000 en Inde après une odyssée de 1.400 km à pied à travers les montagnes enneigées de l'Himalaya.

Agé à ce moment là de 14 ans et dirigeant la filiation bouddhiste tibétaine du Kagyu, il est arrivé le 5 janvier 2000 à Dharamsala en compagnie notamment de sa sœur âgée de 24 ans. La ville de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, sert de refuge au Dalaï-Lama, chef spirituel du Tibet, depuis sa fuite en 1959.

Le Dalaï-Lama et Pékin ont officiellement approuvé la désignation en 1992 du petit Dorje comme réincarnation du 17e Karmapa Lama. Depuis, les autorités chinoises l'avaient élevé comme un véritable lama "patriote".

Selon le site internet américain des bouddhistes tibétains, le "Bouddha vivant" aurait fui en raison de l'absence de liberté de culte en Chine et des multiples refus de Pékin de lui accorder un visa pour se rendre à l'étranger en tant que chef de la lignée des Kagyu.

A son départ, le grand lama a laissé une lettre aux moines de Lhassa dans laquelle il explique les raisons de sa fuite. "La répression chinoise et les menaces pesant sur les droits de l'homme, la liberté de culte et la vie elle-même ont rendu nécessaire son départ".

Le gouvernement tibétain en exil a demandé au gouvernement indien d’accorder le statut de réfugié au Karmapa et d’aider les Tibétains exilés à Dharamsala à assurer sa protection.

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Le Panchen Lama

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:53

Le Panchen Lama est dans la hiérarchie tibétaine la deuxième personnalité après le Dalaï-Lama. Il a en principe des fonctions exclusivement spirituelles.

Gendun Choekyi Nyima est le XIème Panchen Lama. Il est né le 25 avril 1989 dans une famille de nomades de la région de Nagchu, à quelques centaines de km au nord de Lhassa.

Il a été reconnu le 14 mai 1995 par le Dalaï-Lama comme réincarnation du Xème Panchen Lama décédé en 1989. Furieux de ce choix, les Chinois le firent enlever quelques jours plus tard en désignant parallèlement un autre enfant, fils d'un membre du Parti Communiste chinois, comme leur Panchen Lama. Depuis, Gendhun subit une "rééducation" en résidence surveillée à un endroit tenu secret.

Le Panchen Lama est considéré comme le plus jeune prisonnier politique du monde, victime notamment de violations de la liberté religieuse et des droits de l'enfant.

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Propositions de paix du Dalaï-Lama.

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:51

Depuis vingt ans, le Dalaï-Lama ne cesse de soumettre aux dirigeants chinois des propositions pour contribuer à sortir la problématique tibétaine de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis l'occupation chinoise du Tibet en 1950.

Ses propositions les plus connues sont celles qu'il a fait connaître devant le Comité des droits de l'Homme du Congrès américain le 21 septembre 1987 (Plan de Paix en cinq points). Ces propositions ont été détaillées sur l'un ou l'autre point le 15 juin 1988 au Parlement européen à Strasbourg.

Quelles sont-elles?

Proposition 1: transformer le Tibet en une zone de paix

Le Tibet devrait pouvoir être considéré comme zone tampon entre la Chine et les pays voisins, dont essentiellement l'Inde. L'idée du Dalaï-Lama est de transformer le Tibet en zone démilitarisée où le peuple tibétain pourrait pratiquer sa culture librement et paisiblement (cf. également point5).

Proposition 2: Abandon de la politique de transfert de populations appliquée par la Chine et qui menace l'existence des Tibétains en tant que peuple

Alors qu'au moment de l'invasion chinoise en 1950, les Tibétains étaient largement majoritaires au Tibet, ils sont aujourd'hui minoritaires dans leur propre pays: 7 millions de Chinois contre à peine 6 millions de Tibétains. Les autorités chinoises attirent des Chinois au Tibet à l'aide de subsides. La langue tibétaine n'est plus enseignée qu'à l'école primaire, etc.

Proposition 3: Respect des droits humains fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain

Au Tibet, les Tibétains ne peuvent pas s'exprimer ni pratiquer leur culture et leur religion (le bouddhisme) librement. Les photos du Dalaï-Lama et le drapeau national sont interdits. Un Tibétain qui scande "Liberté pour le Tibet" ou "Vive le Dalaï-Lama" en public est immédiatement arrêté et mis en prison. Le nombre de prisonniers politiques tibétains est évalué à plus de 1.000.

Proposition 4: Restauration et protection de l'environnement naturel tibétain

Les Chinois ont massivement déboisé le Tibet (40% estime-t-on). Le paysage a été fortement dévasté par des chercheurs d'or et d'autres richesses sous-terraines. Par ailleurs, le Tibet est utilisé par les Chinois comme décharge nucléaire.

Proposition 5: Début de négociations sérieuses sur le futur statut du Tibet et les relations entre les peuples chinois et tibétain

Depuis longtemps, le Dalaï-Lama ne prône plus l'indépendance du Tibet, mais un statut d'autonomie du Tibet au sein de la république chinoise.

A plusieurs reprises, le Dalaï-Lama s'est dit prêt à rencontrer les autorités chinoises sans pour cela poser la moindre condition préalable. Sans réponse positive jusqu'à ce jour.

Leonelli

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Ce que représente le 10 mars 1959

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:50

C'est au cours des années 1949/50 que les troupes de l'armée chinoise envahirent le territoire tibétain.

Le Tibet lança un appel à la communauté internationale qui resta sans réponse. Seule face à la Chine, une petite délégation tibétaine fut contrainte de signer, en 1951, à Pékin, l'infâme "Accord en 17 Points" dans lequel le Tibet faisait abandon de sa souveraineté. Un accord inique, qui sera dénoncé plus tard par le XIVème Dalaï-Lama. Il s'ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste, une période de neuf années de coexistence difficile.

Les Tibétains du nord-est et de l'est du Tibet qui assistèrent les premiers à l'intrusion de l'Armée populaire de libération fuirent devant la répression chinoise croissante et durent gagner les zones rurales. C'est là qu'une résistance armée s'organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet. Tristement célèbres dans la mémoire des Tibétains, les provinces de l'Amdo et du Kham furent la scène d'un cycle résistance-répression qui contraignit des milliers de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa, relativement plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré par l'arrogance avec laquelle la Chine traitait le gouvernement tibétain, s'abreuvait encore des récits de destruction des monastères et de massacre de lamas et de moines que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental. Bientôt, le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance ouverte à l'égard de la Chine. Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l'indépendance du Tibet.

Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang. Selon une estimation chinoise, près de 87.000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central. Il fallut un peu plus de trois jours à l'Armée Populaire de Libération pour venir à bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de résistance qui se répandait dans tout le Tibet.

Le soulèvement du 10 mars et sa répression inconditionnelle eurent pour conséquence la fuite vers l'Inde du Dalaï-Lama, des membres de son gouvernement et d'environ 80.000 Tibétains. Ce dernier, depuis son siège de Dharamsala, petite ville située au nord de l'Inde dans les contreforts de l’Himalaya, a développé, sous la conduite du Dalaï-Lama, une résistance non violente à l'occupation chinoise, résistance qui a donné naissance à un mouvement pour la liberté du peuple tibétain étendu aujourd'hui à l'échelle planétaire.

Aussi chaque année, où qu'ils soient, les Tibétains commémorent le 10 mars, pour qu'eux-mêmes se souviennent et pour rappeler au monde que les Tibétains qui sont morts pour la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître un Tibet libre et indépendant.

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Le Tibet, Kes Aquo ?

Message par Leonelli le Lun 31 Mar - 21:48

Portrait du Dalaï-Lama

Le Dalaï-Lama est la manifestation du Bouddha de la Compassion qui a choisi de se réincarner pour servir l'humanité. Dalaï-Lama signifie 'Océan de sagesse'.

Le Dalaï-Lama est le chef spirituel et temporel du peuple tibétain. Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï-Lama, est né le 6 juillet 1935 à Takhster, un petit village au nord-est du Tibet, dans une famille de petits paysans. Reconnu à l'âge de 2 ans selon la tradition tibétaine comme réincarnation du 13ème Dalaï-Lama, il a été intronisé le 22 février 1940 à Lhassa, la capitale du Tibet. Il est Geshe Lharampa, c'est-à-dire docteur en philosophie bouddhiste.

Le 7 octobre 1950, les forces chinoises, avec à leur tête Mao Ze Dong, envahirent le Tibet. Sa vie étant en danger, le Dalaï-Lama trouva refuge en Inde en 1959 avec quelques milliers d’autres Tibétains qui le suivaient.Depuis, il ne cesse de plaider en faveur d'une solution négociée de la question tibétaine. En 1989, ses efforts furent couronnés par le Prix Nobel de la Paix.

Mais le Tibet est toujours occupé et la culture de son peuple de plus en plus menacée d'éradication.

Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu'il est un simple moine, ni plus ni moins. Dans son exil à Dharamsalla au nord-ouest de l'Inde, il s'adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences, à l'occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour rencontrer des hommes politiques.

Leonelli

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